Trente années d’analyse, consumées, assumées peu à peu, dans des bureaux d’analyste comme dans les lieux de la folie,..






Marc RUELLAN
PSYCHANALYSTE
7, rue de la Santé
75013 PARIS
Tél : 01.45.87.18.93
 

La psychanalyse, une démarche

Ce qu’un homme dit

Trente années d’analyse, consumées, assumées peu à peu, dans des bureaux d’analyste comme dans les lieux de la folie, puis ailleurs, m’ont conduit, selon ma propre trace, à entendre l’humain parlant comme un itinérant, plus ou moins mobile au sein du désir qu’il habite. Habitant plutôt qu’habité, mais habitant dérouté sur ses propres sentiers, déjà bien mal tracés, par toutes sortes de traverses trompeuses.

Territoires du désir

Lumières de désir sur des terres méconnues ; territoires d’une patrie oubliée sous un ciel incertain ; trop rarement, vastitude infinie propre aux ampliations du souffle et de l’esprit ; mais aussi littoral où font semblant de vivre les rythmes d’un ciel où s’accrochent de trompeuses étoiles. Angoisse d’errer et confiance qui s’abîme dans le trou d’une parole ; fidélité d’une quête qui peut encore se renoncer. Et puis ces pas qui n’en finissent pas de ne pas finir dans une tranquillité mouvante ; certitude de marcher. Pays sans bornes, sans frontières.

Ni grand désir informe confinant l’âme du monde ; ni archétype, pattern pour répondre à tout objet qui hante l’horizon, amical ou hostile ; ni contrée où ruisselle le lait et le miel, pays tenu comme promesse par tous les peuples de l’exode ; ni inscription béate au parti du partage ; ni espace dernier où sèchent tous les pleurs. Mirages facilement souscrits, hors du temps ; immobile présent, présage d’inaccompli : à la place du temps de la disette, à la place du champ de la bataille, à la place du moment de la joie et au lieu de l’amour, nous accable bientôt la grande enflure jouissante, néant asséchant tout désir ; Repos repu d’une sorte de septième jour colossal, en ce dimanche de la vie où l’animal humain, enfin, pourrait s’enfoncer le museau dans l’herbe,… l’être ayant enfin trouvé sa part et sa réserve dans cette stupidité définitivement embercaillée. Une telle platitude, une telle fixité saturée, brocardée par Lacan un matin d’automne, ferait désespérer Dieu lui-même.

Averti d’avoir parlé moi-même comme l’humain que j’écoute, je le suppose habiter le désir qui est tout sauf un havre. Ce n’est pas le désir qui l’habite, pas plus qu’il ne l’abrite. Lui, l’homme, il habite ce désir qui est peau, tégument de vie, promesse débordant l’enclos, chair et tendons du discours qui développe le monde dans ses mains ; un monde qui hors d’elles reste un univers obscur de forces impensées. C’est à lui, l’homme, qu’il revient de rêver et d’agir, de marcher dans le sillon original que nul autre ne trace. Pays troublant, terre tour à tour en expansion avant sa contraction, respiration de l’infini ; pays tendu de surfaces qui s’invaginent et se déplient, se traversent et se confondent, se séparent et se recoupent.

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