Trente années d’analyse, consumées, assumées peu à peu, dans des bureaux d’analyste comme dans les lieux de la folie,..






Marc RUELLAN
PSYCHANALYSTE
7, rue de la Santé
75013 PARIS
Tél : 01.45.87.18.93
 
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Présentation

Le corps des mots

Si la voix est la chair des mots, le mouvement du désir est l’œuvre de leur corps.

Au début de sa propre aventure, par une adaptation plus radicale que la transfor-mation à laquelle ont été affrontés toutes les espèces sorties du grand océan maternel, tout petit d’homme ne peut éviter de s’approprier un monde plus complexe que l’espace commun à tous les vivants dont les gènes étaient la seule source d’adaptation.

L’homme ne baigne pas dans le discours comme un vivant dans son milieu ; il n’a pas aux objets une relation de simple satisfaction. Dès le début de sa vie, il est confronté aux éléments de langage venant de l’autre. L’organisation de leur différence signifiante lui permet, à son tour, de faire entendre ses souhaits et de donner but et sens à ses actions. Ces dispositions particulières d’éléments sonores s’imposent à lui très vite, comme les clés de ses demandes à cet autre et de ses conduites dans le monde.

Dans cet espace sonore, il apprend à distinguer les phonèmes humains d’autres bruits qui résonnent sans parole ; il rencontre aussi des objets présentés par quelqu’un qu’il découvre comme différent de lui, sa mère le plus souvent ou tout proche qui l’assiste, dont les mots l’appellent à naître à sa propre motilité. Celle-ci advient dans le corps à corps originel, organisée par la motilité désirante de sa mère. C’est elle qui choi-sit dans l’environnement les objets propres à la satisfaction d’un besoin, propose ceux qui peuvent satisfaire un désir de savoir, et laisse de coté ou écarte ce qui est neutre ou malfaisant. Ce corps à corps évolue au fur et à mesure vers une distance que la mère accepte et promeut, condition pour que son enfant connaisse son autonomie et prépare heureusement sa séparation.

C’est dans cet espace-là, – au début : réunion indistincte d’un agrégat des mots, de leurs variations et de leur assemblage, mais aussi bien des objets présentés ou ren-contrés – que résonnent la voix, les voix, dans leurs timbres différents, avec leur tonalité propre à chaque temps et à chaque événement. C'est à l'appel de la voix que ces deux formes de l'espace, sonore et motile, s’entrelacent pour tisser ce désir qui prend le pas pour toujours sur le besoin.

Si la voix est la chair des mots, le mouvement du désir est l’œuvre de leur corps.

La rencontre de deux humains sera dès lors pour le meilleur et pour le pire, avec ses réussites les plus éclatantes et ses ratages les plus douloureux, de la toile la plus grossière au brocard le plus fin, un tissu qui ne tient que des entrelacs infinis de la trame des mouvements et de la chaîne des mots.

Rien de ce tissu n'est définitivement serré dans ses ratages. Les nœuds indé-chiffrables des mots comme les brisures des mouvements sont accessibles au désir de savoir et de vivre. La psychanalyse offre à tout humain d’instaurer ce désir.

Marc RUELLAN
8 août 2007


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